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udhessi

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  1. Cette capacité à faire de la projection est réellement magique. Qu'il y ait des jeux finlandais -- ces trucs-là sont souvent finlandais -- du type "viol, inceste et cannibalisme" où l'on cherche à mettre les joueurs dans la peau des victimes, dans un but et grâce à des techniques qui m'échappent, et que des gens veuillent y jouer je le conçois. Que des gens, pour des raisons diverses, réagissent de façon extrême à des choses qui paraissent anodines à la population générale, je le conçois aussi. Mon opinion est simplement que dans le premier cas, il est normal et prudent de prendre quelques précautions ; mais qu'il est parfaitement illégitime de s'attendre à ce que qui que ce soit prenne par défaut des précautions pour éviter le second. Dans l'exemple cité, la personne qui s'assoit avec de parfaits étrangers à une table d'un jeu connu pour ses scènes en souterrains, en étant trop fragile pour en supporter la description, ne se signale pas au MJ et reste quand ça commence à aller mal, se met elle-même en difficulté. Le MJ n'y est pour rien. Et comme ça arrive très rarement mais sur potentiellement n'importe quoi, la seule mesure de prévention praticable est que la personne qui se sent ce genre de fragilité se signale, et accepte de se voir répondre quelque chose du style : " Ok, mais dans ce scénario à PJ militaires que j'ai prévu aujourd'hui, il y aura des scènes où l'officier décidera pour le groupe entier. Si tu ne peux pas accepter ce principe, il vaut mieux que tu ne joues pas. Passe une bonne journée."
  2. Sur l'histoire des flux d'énergie vitale, j'imaginais l'équivalent de la situation suivante. On relie par un tuyau d'arrosage un robinet et une cuve placée au-dessus du sol que l'on veut remplir. Le tuyau est enfoncé tout au fond de la cuve parce que ça évite qu'il sorte à cause de la pression du jet. Tant que le tuyau est connecté au robinet, tout va bien, la cuve se remplit. Si on déconnecte le tuyau et qu'on le laisse traîner par terre, il va siphonner tout ce qu'il y a dans la cuve. Pour éviter cela, on a le choix entre reconnecter le robinet ou arracher le tuyau. Et si le robinet n'envoie de toute façon plus rien, la seule possibilité est d'arracher le tuyau. Il faudrait juste le dire de façon plus merveilleuse.
  3. 1 : C'est même mieux. KC est au départ un guerrier. Il a acquis l'aiguille / lancette / poignard en os de vampire et la connaissance du rituel de la sangsue. Mais comme il n'est pas spécialiste de la magie, il a accompli imparfaitement le rituel et c'est pour ça que ça finit par partir de travers. 2 : C'est un choix difficile. Si la marque vide son porteur de son énergie au profit de KC, ça donne certes une motivation forte au héros et installe un compte à rebours, mais ça met KC en position très dominante : il n'a qu'à se planquer en attendant que ça passe, au besoin en envoyant des tueurs à ses anciens complices (face le héros meurt et ça fait un ennui de moins ; pile le tueur meurt et ça fait de l'énergie vitale en plus). Si KC a un comportement cohérent, le héros n'a à mon avis aucune chance. Mais ça fait aussi une magie plus simple, donc plus plausible. Si KC perd son énergie vitale, c'est lui qui est face à un compte à rebours. Il doit agir agressivement, fait des erreurs, s'expose car il n'a plus le choix (le héros a éliminé tous les tueurs lancés à ses trousses et KC n'a plus le temps de se reposer sur des seconds couteaux). La confrontation finale devient inévitable de son point de vue donc logique scénaristiquement. Et il y a tjs la pression mise sur le héros par les tueurs (normalement, quand quelqu'un t'envoie des assassins, tu essayes de règler le problème à la source). 3. Tout à fait. En même temps c'est vrai que quelqu'un qui emploie "poste de traite" comme si de rien n'était ne parle peut-être pas le même argot 4. On peut aussi mettre un ancien collègue mourant, un poignard dans le ventre et la main tranchée, qui fait un exposé de 125 mn sur ses propres découvertes.
  4. idée de bouclage scénaristique, qui va avec une marque d’œil prenant la forme d'un "oeil écarquillé" i.e. juste les cercles du globe oculaire, de l'iris et de la pupille, sans paupières.
  5. Pas vraiment, mais si ça t'amuse de te battre contre des hommes de paille, fais-toi plaisir
  6. On ne va pas épiloguer ici sur l'existence ou pas d'un droit à ne rien lire ou entendre qui nous offense. C. Hitchens l'exprimait mieux que je ne pourrais le faire (en anglais et à propos des religions et des dessins, avec une ampleur et des impacts différents, mais c'est fondamentalement la même mécanique). Sur la fragilité et la sécurité émotionnelles, je note simplement une tendance assez curieuse à considérer comme communs voire systématiques des problèmes que je n'ai personnellement jamais constatés et quand j'entends certains discours, je ne peux pas m'empêcher de me demander : "Mais bon sang ! ces gens jouent à quoi, comment et avec qui ?" Autant il est nécessaire de traiter sérieusement de tels problèmes quand ils se posent ; autant prétendre que chacun doit préventivement marcher sur des œufs et déployer des mesures, si possible inscrites dans les règles, dans l'éventualité improbable de survenue d'un problème me semble ridicule. D'une part on n'est pas dans l'industrie chimique ou nucléaire ; d'autre part ce n'est pas en faisant la morale à tout le monde qu'on empêche les tordus de se comporter comme des tordus ou les gens qui ont une fragilité particulière de tomber par hasard sur une situation qui les met en difficulté. C'est bien le cœur du sujet. Le principe de base du JdR était depuis l'origine d'avoir quelque chose qui libère l'imagination, qu'on utilise un peu comme on veut, en bricolant souvent les règles, avec la règle d'or, du "ruling, not rules", une capacité d'improvisation etc. En résumé, un jouet. Quand des auteurs arrivent avec une proposition de jeu en disant : "Ton truc ancien est moins bien parce qu'en fait c'était un jouet", il est prévisible et naturel que les réactions des anciens pratiquants soient souvent du type "Ce n'est pas du JdR, ça ne nous intéresse pas." Si c'était présenté comme une proposition différente, intermédiaire, mêlant des caractéristiques des JdR traditionnels et des techniques et objectifs repris des jeux de plateau, ça ne poserait de problème à personne. Ça l'est généralement comme une amélioration par rapport à des pratiques dépassées, confuses et informes ; comme un progrès par rapport à un passé qu'il faut enterrer. Avec bien entendu le vernis : "chacun est libre de faire ce qu'il veut (mais ce que vous faites n'est pas bien)." C'est une question d'état d'esprit et ça rejoint le point précédent : soit on pense qu'on doit mettre en place des règles précises pour protéger les joueurs contre leurs faiblesses et incompétences supposées ; soit on estime qu'on peut leur laisser la main et que s'ils se plantent, ça n'est pas dramatique (on parle de gens assis autour d'un table à raconter des histoires) et ce sera sans doute formateur. Contrôle a priori ou lâcher-prise et responsabilisation. En ce qui me concerne, l'auteur est mort (y compris quand c'est moi) et n'a pas à se mêler de préconiser quoi que ce soit.
  7. Il faut faire le tri là-dedans : s'il y a des interventions qui relèvent évidemment de la caricature, certaines de celle que tu cites sont des questions honnêtes ou des observations honnêtes. Dans le contexte : si l'on dit que le MJ est celui qui propose l'histoire et les joueurs ceux qui la reçoivent et y réagissent, l'idée était que les jeux en question demandent des qualités de MJ à tous les participants, donc que c'est plus exigeant et plus casse-gueule. Il faut vraiment démarrer avec le désir de se sentir offensé pour prendre ça en mauvaise part puisque ça suit la description de mon propre parcours et que je me mets explicitement dans les gamins et adolescents en question. Et s'il avait fallu m'aider à mettre le pied à l'étrier quand j'avais 11 ou 13 ans, une boîte d'initiation aurait mieux fait le job qu'un jeu -- par ailleurs peut-être très bien, je ne suis qu'au début de la lecture -- parlant de "joueur accompli[ssant] un déclencheur narratif". C'est juste une question sur le public visé. Ce n'est pas mon avis mais ce que j'entends ressortir du discours de certaines gens vantant le Nouveau JdR et critiquant l'ancien, avec force "ce n'est pas comme ça qu'il faut jouer à ce jeu", "on ne peut pas laisser les joueurs risquer de se planter". Je ne partage absolument pas ces messages implicites et ils motivent mes a priori négatifs sur les jeux en question. Mais bon, on verra mon avis a posteriori quand j'aurai fini the Sprawl... AD&D comme mauvais système, j'assume complètement cet avis. La comparaison avec les WG (en moins bien) vise le fait que ce mauvais système est à la fois défendu par des gens disant que ça permet des combats tactiques et que ça permet des invraisemblance à la Fanfan la Tulipe, ce qui est très sympa. Si le second point est vrai (et il l'est), le premier ne peut pas l'être : l'aspect romanesque implique qu'on n'assume pas systématiquement, ou pas complètement les conséquences de mauvais choix ou de mauvaises tactiques. Donc si l'on veut vraiment faire du tactique et du stratégique, les WG, jeux de cartes et jeux de plateau sont bien mieux, car ils n'embarquent pas cette idée de ne pas frustrer les joueurs en tuant les PJ. Pour avoir beaucoup joué à Magic, c'est frustrant pour les myopes-astigmates-presbytes car c'est écrit et dessiné tout petit, et pour ceux qui veulent faire du Roleplay (les bavards) car ce n'est en fin de compte qu'un jeu de carte. Et pour avoir vu pas mal d'actual play sur la dernière édition de D&D par WotC, les scènes de combat sont construites comme des parties de Magic : chaque protagoniste arrive avec un deck de capacités et de pouvoirs ayant un coût et des conditions de mise en œuvre, et choisit tour par tour lesquels il va mobiliser en fonction de celles qu'à déployées l'adversaire, chaque capacité étant jouée -- sous un vernis de RP qui tient à peu près 2 rd -- pour les avantages mécaniques qu'elle apporte dans une bataille d'attrition de PV. Et à chaque classe de perso correspond un deck spécifique. La seule chose qui manque est la matérialisation effective par des cartes. Donc même si l'expression était synthétique, le fond me semble juste. Oui, là d'accord, mon manque d'intérêt pour les JdR mettant l'accent sur l'introspection et l'exploration de la psyché des personnages est exprimé avec une ironie un peu brutale. Après, tu remarqueras que je n'ai pas le défaut de citer une phrase hors contexte puis d'enchaîner sur un "donc tu penses que..." ne reflétant pas ce qui était exprimé. Et que je ne parle pas de micro-agression si les jeux auxquels j'ai aimé jouer sont décrits comme aussi ringards que les ouvrages de la Comtesse de Ségur.
  8. Bin oui. Ça fait plusieurs pages qu'on est dans une grande bagarre d'épouvantails. Normalement il n'y a pas de blessés, mais il ne faut pas craquer une allumette à côté car les poussières de paille en suspension dans l'air créent un risque d'explosion.
  9. Les deux j'espère. En plus c'est même pas vrai : on m'a forcé à lire Moderato Cantabile au collège (dans les année 80, les mauvais traitements aux élèves n'étaient pas encore bannis). Extrait du résumé qu'en fait wikipédia : "elle [l']interroge chaque jour, lors de fins d'après-midi qui s'étirent, à propos du [...], dont ils ne savent rien ni l'un ni l'autre. Le dialogue [...], répétitif et rythmé de verres de vin, les rapproche dans leur ennui et leur solitude." Putain de mise en abîme involontaire
  10. Pas d'accord, ce qui est "mieux" est ce qui est placé plus haut que quelque chose d'autre sur une échelle de qualités partagée entre les discutants. Il suffit d'être d'accord sur l'échelle la plus objective possible. Et la meilleure échelle est en réalité assez simple : est "mieux" ce que moi, Udhessi, je préfère. C'est une échelle objective (même si les jugements sous-jacents sont partiellement subjectifs) et assez facile à mettre en œuvre (il suffit de me demander mon avis). Par exemple : Nirvana > Rolling Stones > Oasis > Bénabar (de manière globale, l'échelle chanson par chanson peut être différente).
  11. Pareil. Les jeux de rôles modernes, c'est un peu comme les livres de Marguerite Duras : le fait que je n'en ai jamais lu aucun me suffit à intuiter qu'ils ne sont pas bons car s'ils l'étaient, j'en aurais lu. Par ailleurs je les ai connus par des gens (non représentés ici) qui étaient sans doute les pires ambassadeurs imaginables. La preuve : ils les présentaient comme des jeux de rôle "modernes". Mais bon, si l'ignorance empêchait quiconque de donner son opinion, ça se saurait. Edit : Houlà ! J'ai fait un parallèle Nouveau JdR, Nouveau Roman, Nouvelle Vague sans le faire exprès. Mais dans le fond, ça exprime bien ma pensée : il ne reste déjà plus rien de Robbe-Grillet et de Godard que le souvenir vaguement ennuyé d'une intellectualisation formelle et d'une rupture fabriquée avec le passé, toutes deux factices et finalement stériles. Dans le meilleur des cas...
  12. Ce sont deux choses différentes. Il y a l'incertitude liée à l'information incomplète, mais aussi celle liée à la possibilité de ratage d'une action entreprise par le personnage. C'est la différence avec les échecs : cavalier prend pion D5, ça réussit toujours ; investigateur cherche document compromettant dans les archives, ça peut se faire en 13 mn sur un coup de chance, ou en 5h pendant lesquelles il va se passer des choses affreuses, ou jamais parce qu'on a tourné les pages trop vite et manqué le papier utile.
  13. Dans les vieilleries, les habitants du mirage d'Abraham Merritt. Certains éléments ont un kitsch Johnny Hallyday qui a mal vieilli (la sorcière aux loups), mais c'est du très bon fantastique.
  14. En effet, il en est certains (cycle d'Elric par exemple) qu'il vaut mieux avoir lus très jeune et ne plus jamais ouvrir, parce que c'est plein d'idées, mais ça fait un peu saigner les yeux.
  15. Je pense que c'est une question de ton et non de fond. Sur les bonnes pratiques et l'intérêt de la transmission des savoir-faire, on est à peu près d'accord. Mais, par la sainte culotte de Dieu ! que les gens (souvent eux-mêmes auteurs) qui font des podcasts francophones sur le JdR arrêtent avec cet insupportable côté : "Huhu ! Heureusement que nous sommes là pour vous donner des leçons."
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